I. des liens avec la politique
a.naissance et contexte du mouvement psychédélique.
Le psychédélisme naît dans un contexte de violence, dans une Amérique puritaine, qui aire traumatisée par l'assassinat de Kennedy (1963), la guerre froide et la guerre du Vietnam. Ce mouvement oppose deux générations: une issue de la seconde guerre mondiale, qui a connue la prospérité économique et l'autre tourmentée par tout les évènements violents qui marquent la fin des 60's.
En effet le mouvement hippie apparaît aux États-Unis dans un contexte de contestation et de refus de l'ordre établi. Mais cette génération née juste après la Seconde Guerre mondiale refuse aussi le conformisme et la soumission au pouvoir en place des médias et des artistes. Elle cherche à fuir la société de consommation en mettant en avant les valeurs écologistes et égalitaires issues des philosophies orientales et primitives.
De plus, beaucoup de ces aspirations sont héritées des écrivains de la Beat génération qui sont souvent considérés comme les précurseurs du mouvement car eux aussi sont l'expression première de la rupture avec la société de masse.. C'était le genre de bravade qui aurait pu n'être qu'illusions de grandeur, mais l'histoire montre que la beat génération se permit d'être un véritable mouvement littéraire, social et culturel. Le nom précéda l'essence, renforçant la cristallisation des idées autour du concept.
Enfin, les membres de « la Beat génération » furent des nouveaux bohémiens qui s'engagèrent dans une créativité vigoureuse et libertaire. Les écrivains Beat produisirent un corpus d'½uvres dominées par la spontanéité, un quasi-automatisme dans l'écriture, pour provoquer une prosodie libre et rythmée. Cet évènement entraîna la vague d'intérêt pour le mouvement Beat qui mit en lumière tous ses membres : Les Beatniks. Ils rejetaient les tabous des squares (les personnes rigides qui ne profitent pas de la vie, les bourgeois). Ils rejetaient la société organisée et corrompue et les valeurs traditionnelles; ils voulaient vivre simplement, à fond. Ils se révoltaient contre le matérialisme, l'hypocrisie, l'uniformité, la superficialité. Ils voulaient créer une société de sentiments simples, sans préjugés.
C'est donc dans un contexte de grande violence que les hippies et le psychédélisme virent le jour. Héritiers des Beatniks, les Hippies revendiqueront les mêmes messages tout en y ajoutant leurs grains de folie.
b. le psychédélisme est une contre-culture.
Le psychédélisme née dans les années 1965-1966, dans la région de San Francisco. Il désigne la culture de la drogue. Ce mouvement attire des suiveurs comme les hippies. Son moteur principal tient de la drogue, qui devient à la fois un moyen d'évasion et de subversion.
En effet on assiste à la naissance en 1966, à l'université de Berkeley, lors d'une manifestation anti-guerres d'une nouvelle contre culture. C'est une véritable griserie artistique, sociale et politique qui se répand rapidement dans le monde entier. L'explosion du psychédélisme devient emblématique d'une contre culture en rupture avec le modèle dominant de la société d'abondance et des valeurs qui s'y rattachent. La culture formatée et sans espoir est rejetée ! Le psychédélisme devient l'arme d'un combat pour les droits civils, une révolution culturelle, une libération individuelle et sexuelle! On se bat contre les guerres, les ghettos, les violences...
De plus, cette contre-culture encouragée par des mouvements hétéroclites en éclosion, joue un rôle important sur l'opinion publique. Elle se développe, créant ainsi de nouvelles formes de mobilisations: féminisme, écologie, droits homosexuels, droits de l'homme, pacifisme, utopies communautaires... (Ces dernières notamment ne connaissent pas de frontières.). Celles- ci s'expriment par différents manifestations, comme des refus d'alimentation, des fuites, un retour à la nature, la quête chimique, l'amour, la spiritualité, l'expression de la conscience intérieur...
Enfin c'est un véritable réveil politique, spirituel et culturel. L'un des mots d'ordre de cette époque reste d'ailleurs "l'élargissement de la conscience".On peut parler du "Summer of Love" (1967) qui exprime bien cette idée par une association singulière de l'art contemporain et de la culture pop. Cet évènement aura de nombreuses répercutions et permettra au psychédélisme "d'exploser" à la face du monde. Ces années seront d'ailleurs une époque de bouleversements qui mettrons fin à de nombreux tabous!
Analyse de country joe and the fish : I Feel like I'm fixin' to die rag
La prestation de cette chanson au festival de Woodstock est considérée comme un moment marquant de la lutte pacifiste. Country Joe et le groupe The Fish tournent ici en dérision le carnage du Vietnam pour appeler à la fin des combats. Plus de quarante ans après l'arrêt des combats au Vietnam, l'image de Country Joe McDonald chantant "I Feel Like I'm Fixin' To Die Rag" (= je me sens comme si j'allais mourir en haillons) reste un symbole fort du pouvoir de la contre culture américaine, représentée dans le texte par Uncle Sam.
En effet, plusieurs éléments nous démontre la raillerie du groupe, et sont facilement repérables dans le texte.
Une interjection de joie faussée revient à chaque refrain : « Whoopee ! » ainsi que l'exclamation «We're gonna have a whole lotta fun ! » ; on voit aussi que le groupe contre les vieilles valeurs familiales par le tragique, s'adressant aux « mothers » en leur disant qu'elles retrouverons leurs fils dans des boîtes, sous-entendus des cercueils : « To have your boy come home in a box » ; l'absurdité du système est également moqué : il est montré que la société préfère que ses Boys partent risquer stupidement leur vie dans une guerre qui ne sert à rien, plutôt que s'appliquer à se cultiver, à vivre dans la paix : « So put down your books and pick up a gun » ( = alors pose tes bouquins et prend un flingue) , « Just hope and pray that if they drop the bomb,
They drop it on the Viet Cong. » (=Espérez et priez juste pour que leur bombes atterrissent bien sur le Viet Cong), « And you know that peace can only be won
When we've blown 'em all to kingdom come » (= et sachez, que nous aurons forcément la paix, quand nous les aurons tous buté).
On voit donc bien l'ampleur satirique de cette chanson caractéristique du mouvement psychédélique, on peut donc penser que le psychédélisme est un mouvement politique, ce morceau prenant parti ouvert contre cette société capitaliste.
Le Summer Of Love, un rassemblement psychédélique historique
L'expression Summer of Love (Été de l'amour) désigne l'été 1967, et plus particulièrement les événements qui se déroulèrent d'abord dans le quartier de Haight-Ashbury, à San Francisco, où des milliers de jeunes du monde entier se réunirent librement pour une nouvelle expérience sociale, faisant ainsi découvrir au public la contre-culture hippie.
Durant l'été, pas moins de 100 000 jeunes originaires du monde entier ont convergé dans le quartier. Le Summer of Love a attiré diverses catégories sociales : des adolescents et des étudiants attirés par leurs pairs et séduits à l'idée de rejoindre une expérience utopique, des classes moyennes en vacances qui venaient en touristes, et même des militaires venant des casernes alentours pour y faire la fête. L'amour, la musique, les drogues étaient au c½ur de cette union de paix. Un été de tous les possibles ou tout n'était qu'amour.
c. des revendications politiques décelées dans les arts psychédéliques
Un vent de révolte souffle pendant les années 60 et 70...Un vent d' « anti » et de « contre », qui s'incarne dans plusieurs courants, portés par le mouvement 1968 en France,et dans plusieurs pays d'Europe,ainsi qu'outre Atlantique avec la nouvelle gauche américaine, la protestation contre la guerre du Viêt-Nam.
Le fait que les mouvements progressistes se mobilisent (pacifistes, féministes, minorités ethniques, etc.) frappe alors l'opinion publique et oblige petit à petit le gouvernement américain à modifier sa politique.
Peu importe il s'agissait de s'aimer les uns, les autres, de célébrer la fusion des esprits, des c½urs et des corps : afin de vivre sainement dans un monde aliéné tout en pratiquant un désordre des sens.
Tout démarra quelques mois auparavant, exactement en décembre 1966, à l'université de Berkeley, en Californie. Des milliers d'étudiants, intellectuels, artistes, militants politiques, anciens beatniks, et nouveaux hippies sont réunis pour manifester leur opposition à la guerre et revendiquent ainsi un monde plus heureux et plus libre. Au moment ou la police charge, la foule se met a chanter: « We all live in yellow submarine,yellow submarine,yellow submarine. » (Nous vivons tous dans un sous-marin jaune...), la chanson des Beatles, métaphore à peine déguisée d'un voyage au LSD.
De plus, il est une notion que l'on retrouve très présente dans la contre culture des années 70 : celle d'autogestion. Le terme est déjà ancien et revendiqué dans le domaine du travail, de la vie privée ou de l'école...Après 1968, un foisonnement d'initiatives s'en réclament : la grève des ouvriers ou l'occupation du Larzac en France, ou encore l'éclosion des communautés, particulièrement en Californie. C'est ainsi qu'en 1969 à Woodstock, un gigantesque festival de musique réunit près d'un million de hippies pour célébrer l'amour et la paix. D'autres rassemblements eurent lieu, comme à l'île de Wight en 1970.
D'un seul coup l'époque passe d'une contestation politique traditionnelle et révolutionnaire à un espace culturel nouveau,hors du système voire de la réalité,qui a partir du rock psychédélique et des substances hallucinogènes veut exprimer les rêves collectifs d'une nouvelle génération,qui pensait que « le pouvoir est à l'imagination ».